Dakar 2026 : depuis Athènes, la flamme olympique brille vers l'Afrique pour un rendez-vous historique

    • Author, Mamadou Faye
    • Role, BBC News Afrique
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D'Athènes vers Dakar, la flamme olympique va entamer son trajet pour écrire une nouvelle page de l'histoire du sport. Allumée ce jeudi dans la capitale grecque, berceau de l'olympisme, elle prendra bientôt la direction du Sénégal, où se dérouleront du 31 octobre au 13 novembre les Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026.

Au-delà du symbole sportif, le rendez-vous revêt une portée historique. En effet, c'est la première fois qu'un événement olympique sera organisé sur le sol africain.

Le Sénégal, entre honneur et émotion

Au cours d'une cérémonie ayant démarré depuis 8h30 ce matin, la flamme des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026 a été allumée en présence d'une délégation sénégalaise conduite par Djirèye Clothilde Coly, ministre de la Jeunesse et des Sports, de la Zimbabwéenne Kirsty Coventry, présidente du Comité international olympique (CIO), de Mamadou Diagna Ndiaye, président du Comité d'organisation des JOJ de Dakar 2026 (COJOJ), et de Abass Fall, maire de la ville de Dakar, la capitale sénégalaise, entre autres.

La cheffe de la délégation sénégalaise, Djirèye Clothilde Coly, a partagé ses émotions.

"Ce que je ressens, c'est beaucoup d'émotion. Moi, je viens d'une société qui est assez traditionnelle et vraiment, j'ai eu la chair de poule ici parce qu'au-delà du sport, j'ai vu un aspect culturel, un aspect de respect de l'histoire", a-t-elle confié à la presse.

Selon elle, le mode de transmission de la flamme est allé au-delà de l'aspect sportif. "Aujourd'hui, dans ce stade, on avait presque l'impression qu'elle demandait l'autorisation au dieu du stade, l'autorisation de prêter cette flamme ou de l'amener dans un autre continent pour transporter tout le symbole qu'il y a derrière cette flamme", révèle la ministre sénégalaise de la Jeunesse et des Sports.

Mme Coly estime que "tout le symbole, en réalité du sport de l'olympisme, c'est-à-dire ces valeurs, ces valeurs de paix, ces valeurs de partage, ces valeurs d'acceptation de l'autre, de dépassement de soi", est tout ce qu'elle a vécu aujourd'hui au Stade panathénaïque d'Athènes.

Abass Fall, le maire de Dakar, a abondé dans le même sens quant à l'émotion ressentie. "D'abord la première sensation, c'était beaucoup d'émotion et de sentir le Sénégal être sur le toit du monde dans le domaine de l'olympisme, l'émotion d'entendre ici en Grèce, les gens parler de la Teranga sénégalaise". Toutefois, l'édile de la capitale sénégalaise n'a pas manqué d'évoquer "un sentiment de défi par rapport à ce qui (les) attend".

"Et je crois que nous sommes assez motivés par rapport à ce que nous avons pour que ces jeux puissent être une réussite. C'est ce à quoi on nous appelle tous. C'est ce à quoi le président nous a invités, à nous mobiliser en tant que collectivité territoriale pour que ces jeux puissent être une réussite, et si on y est tous ensemble, on les réussira", a souligné Abass Fall.

La cérémonie d'allumage a été coordonnée par la journaliste et présentatrice grecque Pénélope Gkioni, spécialisée dans le sport.

Le Stade panathénaïque d'Athènes

Le lieu d'allumage de la flamme olympique, le stade panathélaïque, est un stade historique construit en 330 avant J.C. et rénové en 1895 pour accueillir, l'année suivante la première édition de l'ère moderne des Jeux olympiques.

La cérémonie a lieu devant les ruines du temple d'Héra, sur le site des Jeux antiques.

La flamme n'est jamais allumée avec une source de feu artificielle. Elle est allumée grâce aux rayons du soleil concentrés à travers un miroir parabolique selon la tradition olympique.

L'allumage est effectué par une actrice qui joue le rôle d'une grande prêtresse. Elle utilise un miroir parabolique (appelé skaphia) pour concentrer les rayons solaires et enflammer une première torche.

Elle place la flamme dans une urne ou une vasque et se rend à l'ancien stade d'Olympie pour l'offrir au tout premier porteur de la torche. C'est le début du relais officiel de la flamme, qui voyage de mains en mains jusqu'à la ville hôte pour embraser la vasque lors de la cérémonie d'ouverture.

Lors de cette cérémonie, des athlètes sénégalais, Louis François Mendy (athlétisme), Oumy Diop (natation), et Brancou Badio (basketball) ont porté la flamme.

La chanteuse sénégalaise Kya Loum a interprété l'hymne national du Sénégal lors de ladite cérémonie.

La flamme olympique va quitter Athènes pour arriver vendredi à Dakar, où elle sera officiellement présentée samedi, à la Place du Souvenir africain au public sénégalais.

La flamme va sillonner la région de Dakar du 14 au 27 septembre, puis va entamer une tournée vers l'intérieur du pays, du 29 septembre au 24 octobre, avant de revenir à Dakar du ‎28 au 30 octobre, en prélude à la cérémonie d'ouverture le 31 octobre.

Une première pour l'Afrique

‎ "L'Afrique accueille, Dakar célèbre". Les Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026 sont les premiers de la catégorie que le continent africain va abriter.

Dakar sera la capitale olympique de l'Afrique et du monde à l'occasion de cet évènement qui pourrait accueillir plus de 2 500 athlètes répartis dans plus de vingt disciplines sportives.

Abass Fall, le maire de Dakar a souligné que les jeux ne sont pas élitistes. "Le problème auquel on se heurte et qu'on essaie de gérer, c'est que les gens pensent souvent que les jeux sont élitistes. Donc le défi majeur, c'est le défi de la mobilisation surtout et de l'animation. Il faut que les Sénégalais comprennent que les Jeux olympiques, ce n'est pas de l'élitisme, mais que c'est un moment de ferveur", a-t-il indiqué.

"C'est un moment de communion, surtout un moment d'animation. C'est un moment aussi pour montrer la culture sénégalaise. Donc, ces jeux nous appartiennent. Le défi, c'est le défi de la mobilisation et nous y travaillons grandement et nous allons réussir. Nous avons mobilisé toutes les couches de la population", dit-il.